

Jusqu’aux années 2000, la place de Loire accueillait un grand marché maraîcher. Il se tenait sous des halles construites en 1970, conçues par l’architecte Lucien Gauthier : dix abris en bois lamellé-collé, organisés en deux rangées et dessinant la forme de grands parapluies — surnommés les « champignons ». Elle est réaménagée entre 2001 et 2004, dans le cadre d’un projet plus vaste porté par l’agence de paysage Niez Studio (lauréate du concours), qui conçoit dans le même mouvement le jardin de la Charpenterie juste au-dessus — un jardin suspendu sur la dalle du nouveau cinéma multiplexe, pensé comme un belvédère sur la Loire, avec sa grande pergola couverte de glycines japonaises. En contrebas, la place de Loire est habillée d’un pavage en vague, en écho direct aux méandres du fleuve tout proche.
Ce réaménagement de la place s’inscrit dans un mouvement plus large de reconquête des bords de Loire à Orléans au début des années 2000, porté par le programme « Loire-trame verte » et l’inscription du Val de Loire au patrimoine mondial de l’UNESCO. Un peu plus en aval, les quais de Loire eux-mêmes sont redessinés entre 2005 et 2006 par le paysagiste Michel Corajoud, une figure majeure du renouveau du paysage urbain français, avec Pierre Gangnet.

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En 2017, la place accueille une nouvelle installation design : sept lettres « O » géantes, œuvre de l’artiste orléanais Jean Dubrana, alignées à son angle sud-est sur près de 4,40 mètres. Leur dégradé de couleurs, de l’or brossé au bleu, reprend volontairement les teintes du sable et de l’eau de la Loire toute proche. Devenu un symbole de la ville depuis un premier exemplaire installé place du Martroi, le « O » de Dubrana est pensé comme un mobilier urbain à la fois ludique et identitaire, que petits et grands s’approprient volontiers pour l’escalader ou s’y photographier.

Sous cette place actuelle s’étendait l’ancien îlot de la Charpenterie, un quartier historiquement industrieux dont les noms de rues portent encore la trace : rue de la Charpenterie, rue de la Corroierie. Des fouilles archéologiques menées entre 1997 et 2000 y ont mis au jour un authentique quartier d’artisans du cuir, actif du bas Moyen Âge jusqu’au début de l’ère industrielle : tanneurs, corroyeurs, parcheminiers et mégissiers y préparaient les peaux dans des bains d’eau, de cendres et d’alun — un métier consommateur d’eau, qui explique sa proximité immédiate avec le fleuve. Les archéologues ont notamment retrouvé le fond d’un bac de tanneur du XVe siècle, ainsi que des amphores antiques remployées comme canalisations dans d’anciens ateliers métallurgiques gaulois, plus anciens encore.

